David Smith

Professeur Interventions au Centre: 37 Coté coeur: Gauche.
Fiche de personnage Âge du personnage: 30 ans. Raisons de votre présence au Centre: Professeur. Psy/référent: Deleted.
 | Sujet: David Smith. Dim 19 Sep - 21:47 | |
| Informations Générales : Nom : SmithPrénom : DavidAge : 30 ansRaison de votre présence au Centre : Professeur.Qualités : Brillant, opportuniste, s’adapte rapidement et avec une facilité plutôt déconcertante à toute situation, à l’humour fin et intelligent, étonnamment de bon goût, doué en à peu près tout ce qui est entrepris (même artistiquement), sociable et attachant, modeste, terriblement sexy… Je ne vois pas que dire d’autre sur moi, j’espère que ça vous suffira. Hello !Défauts : Je dois avouer que je me trouve parfois bavard. Mais comment peut-on m’en vouloir pour un défaut pareil ? Ce n’est pas comme si j’étais arrogant voire même condescendant, même si parfois… disons que l’homme ne m’apporte pas toujours satisfaction quant à son niveau intellectuel. Fait fort triste, maintenant qu’on en parle. Il m’arrive parfois d’ignorer un peu les autres, aussi. Sinon, non. Je ne vois pas vraiment d’autres défauts à me donner, si je peux me permettre cette prétention.Caractères Physiques : Traits particuliers : Je n’ai pas de pouls. Moi, ça me fait rire en voyant la tête des médecins lorsqu’ils tentent de le mesurer. Et c’est pratique lorsqu’on a besoin de faire le mort. Toujours pratique.Informations Supplémentaires : Histoire :INTÉRIEUR, NUIT - 34 ANS. J’entends des murmures. Je suis sûr de les avoir entendus. Je pourrais m’en couper la main, m’arracher les yeux, vendre mon corps. Non, je ne suis pas fou. Je sais que je les ai entendus, cessez de me regarder ainsi, vous, condescendants et hypocrites. Regardez pour moi ! Regardez plutôt ! Regardez autour de moi ! Les voyez vous ? Ces murmures ? Cessez d’hurler et regardez, bordel, que vous vous rendiez compte d’à quel point votre espèce moisit de l’intérieur et n’est que promise à stupidité et idiotie ! Vous avez tort ! Vous êtes si vains ! Si bruyants ! Si aveugles ! Fermez la et regardez donc ! Ayez aussi peur que moi ! Dites moi ce que je ne vois pas ! Allez, lâchez moi, et regardez ces horreurs, qu’à vous aussi, elles vous cristallisent l’échine, cous illuminent d’obscurité et vous pourrissent le crâne. J’entends des murmures, vous dis-je… Pitié… Taisez-vous… p**ain. Fermez la. Maintenant.
Silence. Enfin. Un silence pur. Aphrodisiaque. Divin. Apocalyptique… Et qui m’effraie tellement, moi qui ai tant plaidé pour n’en goûter ne serait-ce qu’une bouchée… Que cet or roule sur mes lèvres et dégouline sur mon menton et mon cou décharné, que je m’en barbouille comme un vulgaire pantin affalé sur son trône dévoré par le temps, les mites et la moisissure. Que le silence m’incarne dans les moindres parcelles de mon être déchiré, démembré, délabré, en ruine que je respire le doré et quitte la traîtresse Lune. Elle, pâle, déesse de l’obscurité, ne vaut rien comparé à la supériorité solaire, du brasier ardent qu’est le Roi, siégeant sur son paradis vide, son empire aérien. Si puissant comparé aux étoiles, tâches de la nuit d’encre. Au lever et coucher bien plus impériaux que ceux du pitoyable Seigneur d’Argent. Laissez passer l’or. Laissez le me submerger et me noyer, impitoyablement. Je le désire autant que j’existe. Je le veux. Je le mérite. Moi, le Prince de la Lune. Au regard vide et cerné, aux lèvres violettes, immobiles. Donnez moi l’or. Vite. Je sens que ça arrive. Ca ne devrait plus tarder. Il n’est plus qu’une question de temps. De jours. D’heures. De minutes, peut-être.
L’Apocalypse est proche.
Et pendant ce temps, me voilà entravé à mon oreiller. Emprisonné sur mon lit. Tétanisé dans ma chambre. Agonisant dans mon corps. Et le pire dans tout ça, c’est qu’il m’est impossible de dormir.
Je respire. Une brutale inspiration. Elle butte dans ma gorge, elle lutte pour parvenir à mes poumons. Je le sens. Je dois lutter pour respirer. Et chaque jour, c’est de plus en plus dur. Ma respiration n’est plus seulement difficile, elle devient bruyante, un peu plus chaque nuit. Une sorte de gémissement à chaque inspiration. Celle-ci me fait mal. Parce que je force plus. C’est douloureux. C’est désagréable. Mes sourcils sont froncés, mes yeux douloureusement fermés. Et pourtant, j’essaye de me relaxer en inspirant aussi profondément, en me brûlant davantage la gorge et en m’arrachant encore un peu plus les poumons. Et cette conn***** me fait tousser. C’est remonté tout seul, ça m’a pris la gorge et ça m’incendie le torse. Instantanément, je porte ma main à ma bouche et m’empêche de respirer, tente d’empêcher ma poitrine de se défiler, je tente vainement de ne pas bouger, mais je ne peux m’arrêter de tousser. Je tousse encore, je tousse à nouveau. Mes yeux pleurent. Je me plie en deux, agrippant d’une main torturée le tissu blanchâtre qui me couvre depuis des jours, moi et mon corps souffrant. Je tousse, je crache à moitié, je n’en peux plus. Et doucement, le calme revient. Doucement, ma respiration s’apaise et mon cœur reprend sa ritournelle habituelle, je l’entends. Tout semble être revenu à la normale, et pourtant je reste encore prostré, affalé sur moi-même au milieu de mes draps défaits. Je vérifie que tout va bien. Je m’assure que tout va mieux. Ca me tue. J’en ai marre. Je décolle ma main, qui, il y a à peine une seconde était encore collée contre ma bouche et mes lèvres, et sans même oser la regarder, j’attrape une serviette qui traîne à mes côtés depuis trop longtemps déjà pour l’essuyer. Je relance la serviette une fois la tâche achevée. J’ouvre les yeux. Pas la peine de regarder pour savoir qu’il y avait du sang sur ma main. Encore. Toujours. Comme à chaque fois.
J’inspire de nouveau, mais plus prudemment, cette fois. J’essaye de retrouver ma plénitude qui s’était embrasée. Mais je suis fatigué. Je crois que j’ai mal. Aux jambes, que je sens à peine. Aux bras, affalés à mes côtés. Au ventre ? Nan. Lui va bien. Peut-être me tiraille-t-il, mais je ne le sens pas. Le dos souffre. Ma tête est prise de migraines constantes depuis des jours et des semaines. Mais rien ne bat mon cœur. Lui souffre. Lui subit. Brûlant, il lutte, plus que ma respiration qui gémit à chaque inspiration. Il lutte, il sue. Il est incandescent. Je l’entends. J’en souffre, moi aussi. Je compatis à sa peine. Lui que j’ai cru toujours de marbre, toujours de glace, que personne d’autre que moi ne peut entendre. Lui et son absence de pouls. C’est lui qui m’incendie, qui me flambe. Il a pris vie en même temps que mon corps se meurt. Il faut croire. Je m’éclaircis la gorge doucement. Je soupire. J’inspire de nouveau. Rien de bien méchant. Je crois que je me sens bien, en cet instant. Habitué à la douleur, habitué à l’amer goût du sang en bouche, je crois être habitué au fait que je suis mal.
Et je me sens bien.FLASH : INTÉRIEUR, JOUR, 21 ANS. « Ce matin, chien crevé dans la ruelle, traces de pneus sur le ventre. La cité me redoute. Je connais son vrai visage. Les rues sont une extension des égouts. Les égouts charrient du sang. Un jour, ils déborderont et noieront la vermine. L’écume de toute cette crasse de s*xe et de crimes les engloutira jusqu’à la taille. Putains et politicards en appelleront alors au ciel… « Sauvez nous ! ». Je les toiserai d’en haut… et je leur dirai « Non. »… »
- J’ai déjà demandé de frapper avant d’entrer.
J’ai levé les yeux de mon comics à peine entamé et d’un geste de souris, clique innocemment sur le bouton ‘pause’ pour faire taire cette femme qui crie à répétition tandis qu’elle se fait tendrement labourer. Cette femme était en fait une mère de famille qui avait appelé un plombier pour une fuite. Scénario banal. Si scénario pouvait être un mot utilisable dans le merveilleux monde du porno. Ce que vous ne savez pas, c’est que pour pimenter la suite, mais aussi pour faire un maximum de scène « d’amour » sans que les personnages ne tombent amoureux entre eux (ils sont humains, n’est-ce pas ?), la fille de cette femme que j’ai lâchement coupée en pleine montée d’un jeu d’acteur basé sur la simulation se fera surprendre dans la douche par le plombier qui par la suite la prendra sauvagement. Sans compter le plan à trois qui en suivra. J’ai levé mes yeux de mon écran pour les détourner ironiquement et avec une lassitude empreinte en eux vers cette mioche qui, en plus d’avoir ouvert aussi brusquement que soudainement la porte, s’était ramené avec hoquets et sanglots. Elle avait ouvert cette foutue porte et se trouvait maintenant dans l’encadrure, immobile, droite malgré la terrible annonce qu’elle m’apporte. Sur ses épaules, elle pèse et nul sourire ne pourra l’éclaircir, l’attendrir. Rien ne pourra l’aider à supporter ce poids qui s’est abattu sur elle, cette pauvre, qui ne connaît rien à la vie, rien à l’amour, rien à la mort. Et pourtant, sa lèvre tremble, ses yeux sont trempés et une de ses mains, convulsivement s’accroche à la poignée qu’elle n’a toujours pas osé lâcher. Le suspense est à son comble, de même que son silence est d’or. Ou à défaut d’être d’or, il dure. Il dure et se fait attendre, et ME fait attendre, moi, une main sur mon comics dont les seuls premiers mots m’avaient empoisonnés et l’autre sur ma souris qui n’attendait que de donner son orgasme à cette pauvre mère célibataire et apparemment en manque d’amour. Ou qui était en manque d’amour.
- Le médecin… Le bébé… Le bébé… Je l’ai perdu… Il est… Le mé… Le bébé est… Il est…
Facile à deviner. Mon regard ne bouge pas. Le sien non plus. Seule sa voix avait trahi son désarroi profond, seule elle avait avoué ô combien elle était détruite par la nouvelle. Sans compter tous les détails précédemment cités. Seule sa voix, faible, charcutée et sanglotante l’avait dénoncé.
Je l’ai fixée. Longtemps. Peut-être cinq secondes. Et pendant ces quelques longues et écartelées secondes, j’avais pris le temps de laisser un sourire envahir mon visage. Un sourire des plus lâches et des plus vrais. Un sourire qu’on ne retient pas. Un sourire bienheureux. Comme le sourire d’un vieillard ravi d’apprendre que la souffrance qu’est la vie a toujours une fin. Comme un sourire ironique lorsqu’on s’aperçoit que, paradoxalement, des enfants meurent de faim dans le monde alors des bottes payées à X milliers de dollars vont laisser leur empreinte sur la Lune. Comme un enfant qui ne comprend pas que c’est sa mère qu’on enterre, là, sous ses yeux. Comme un jeune homme qui vient d’apprendre la mort de son fœtus ?
Et le sourire devint rire. Cette chose incontrôlable qui grimpe en soi, sous l’effet d’une drogue quelconque, même émise par le corps lui-même. Cette chose qu’il est parfois impossible de retenir, et qui en devient déplacé, affreusement décalé, qui vous bouffe et vous fait pleurer des larmes qui n’ont rien de celles d’un drame ou d’une tragédie. Ce rire là était un rire de mort. De ceux qui vous prennent lors d’un enterrement. Quelque chose qui s’élargit et prend une place incommensurable au sein même de l’esprit, qui occupe les moindres pensées. La gorge ouverte, on laisse ce son si désagréable à l’oreille de certains emplir la pièce, spasmodiquement. A moitié une toux grinçante. On s’étouffe. On se racle la gorge, brûlante. On en vient à se cramponner à son abdomen, réflexe que la douleur appelle, réflexe censé au mieux de vous calmer. Mais ce n’est pas le calme que j’attends. Je n’attends rien. Je n’attends plus rien de mieux à présent.
Mon rire s’étendait et se rallongeait, encore et encore, un fou rire qui ne s’arrête plus et qu’en rien je ne stopperai. Les larmes devaient me tremper les yeux tout autant que les siennes lui trempaient les joues et inondaient ses pensées Tout mon corps se faisait douloureux, contracté, empli de ce rire que certains diraient répugnant. Ce fut sa rage qui me calma. Si calmer peut vraiment définir ce qui se passa. N’en pouvant plus d’être ainsi offensée, ainsi mise en ridicule ou simplement pour venger cette tournure qu’avait pris la mort de sa chair, elle me sauta dessus. Tenta de m’étrangler. Tenta de me griffer où ses ongles en avaient la possibilité, tenta de me mordre là où je n’y étais pas attentif. Tout alla très vite. Mon rire s’était envolé. Mais le calme était loin de moi. Je la jeta au bas de ma chaise pour qu’elle s’écrase en un gémissement au sol. Elle, ça avait suffi à le calmer. Pas moi. Ma respiration, bousculée par ce brusque effort, par l’étonnement et par mon rire s’impatientait tandis que mon regard ne lâchait pas cette enfant qui toussait de rage et de désespoir à mes pieds. Le front contre le sol, ses sanglots reprenaient. Mes yeux s’aventuraient vers mon ordinateur, toujours allumé et toujours sur cette fameuse page que je n’avais pas pris la peine de fermer, faute d’envie et de pudeur. C’est à ce moment là que j’ai disparu, oubliant mon nom, le sien, celui de mon ex-futur-fils et celui de mon premier poisson rouge.
[center]« Ils avaient le choix, rien ne les empêchait de suivre la voie droite… Comme mon père, comme le Présidant Truman… Hommes intègres, croyant en la Justice immanente. Au lieu de cela, ils ont pris le chemin des épicuriens et des communistes, et se sont avisés trop tard qu’il les conduisait à l’Abîme. Ils avaient le choix, c’est indéniable. »
« Et voici, le monde au bord du précipice, face à la vision de l’enfer, et tous, libéraux, intellectuels et corrupteurs du peuple… restent bouche bée, sans rien trouver à dire. »
« Quis custodiet ipsos custodes ? » Juvénal, Satires, VI, 347INTÉRIEUR, AUBE - 34 ANS. Je rouvre les yeux. Je ne vois rien. Je sens. Il est là. Le baldaquin qui s’étale au-dessus de ma tête. Depuis combien de jours, depuis combien de nuits n’ai-je d’autre ciel que ces tentures vermeilles et carmines qui se confondent et s’étirent au-dessus de mon lit dans un grand voile digne d’être céleste. Un ciel rougi et cramé de vie. Une étendue sombre et vertueuse. Assez de ce rouge. Assez de ce carmin. Assez de ce baldaquin qui m’obsède. Un frisson vient me briser le dos. C’est désagréable. Mes yeux aveugles et pourtant capables de se souvenir de chaque détail de la monstruosité du drap se teintent de haine. C’est très désagréable. Tout ce carmin. J’en ai trop vu. J’en ai trop goûté. J’en ai trop senti. Trop touché. Je n’en peux plus. Mes bras me font mal et mon cœur s’est miraculeusement calmé. Et pourtant, rien de tout cela ne m’a empêché de me redresser et de déchirer ces rideaux d’aucune utilité, ces tissus qui crissent et hurlent au meurtre tandis que je les arrache de leur monture. Du peu de force qu’il me reste, j’hurle à mon tour, je brandis mon crime et le jette à mes pieds, vociférant menaces et orgueil, criant à la justice et au sang. Ca attire du monde. On se précipite dans ma chambre. A plusieurs, on me force à me recoucher, on me drogue. Je crois. On me calme. Artificiellement. Mes ongles cherchent leur peau, dans ma démence. Mais leur corps est immunisé et mes griffes sont impuissantes. Je crie davantage. Je m’acharne encore. On continue de me droguer. On continue de me calmer. A l’intérieur, je brûle encore à l’idée d’une torture plus grande. D’une vengeance plus alléchante. Parce que oui, je me vengerai davantage. Et je ferai payer à ceux qui tentent vainement de m’endormir, à ceux qui, autour de moi s’affairent en silence. Je les vois passer. Je vois passer des bras, des mains, des objets au-dessus de ma tête. Aucun visage. De mes yeux injectés, je ne vois pas qu’on m’ôte le drap vermeil de mes doigts décrispés, retombés, las de défaite. Je ne vois pas qu’on le met à l’abri, loin de moi, qu’on l’emporte. Je ne vois rien… Si j’avais su…FLASH : INTÉRIEUR, AUBE - 27 ANS. Je renifle. Bruyamment. Mes yeux cernés, abîmés par la fatigue, injectés d’insomnie se tournent vers le cadran qui empeste la cuisine d’un tic tac affolant. Ou relaxant. Impossible de dire précisément ce que je ressens en entendant les battements de la trotteuse. Elle m’est devenue aussi omniprésente que les battements endormis de mon cœur. Voire plus. Il est exceptionnellement calme. Ensommeillé. C’est agréable. Je ne l’entends presque plus. Seule la trotteuse résonne, infatigable. Tic. Tac. Déjà un tour de cadran. Déjà une minute de perdue. Ou de gagnée. Façon de voir les choses. Je cligne des yeux et m’éclaircie à nouveau la gorge. Je perturbe mon monde de silence pour prendre le dessus de celui que le temps m’impose. Ca m’amuse. Ca m’occupe. Je cligne des yeux à nouveau. Un claquement plus fort empeste mon oreille. Ca y est. La minute est complète. Je soupire, petit trouble dans ma respiration si apaisée. Ca fait du bien. Je me relaxe. Seul. Mon regard se concentre.
Il est 6h14.
Je crois avoir la fesse engourdie. Je crois seulement, puisque je ne la sens plus. Existe-t-elle toujours ? Pour vérifier, il faudrait que je bouge. La flemme. Elle n’existe plus. Elle a emporté avec elle mes jambes. Probablement. Mais mon s*xe est toujours là. Elle ne l’aura pas, cette salo**. Mes bras sont lourds. Posés… Non… Affalés sur la table, ils me pèsent, je le sens. A cette idée, mon torse se bombe avant de pousser de nouveau un long soupir. Très long soupir. Il n’en finit plus. Et pourtant, ça semble m’importer peu. Dans cette scène statique vide de tout sens, où les yeux sont occupés par le cadran blanc, les oreilles par ce tic tac incessant, les bras inconscients, la bouche affairée à savourer l’amer goût qui lui reste, le nez et son odorat n’ont plus aucune importance. Je n’en ai que faire. Dans quelques secondes à peine, ma respiration, inconsciemment, reprendra son cours. 1. 2. 3… J’avais raison. Pas de quoi s’inquiéter. Pas de quoi s’attarder. Pas de quoi s’affoler. Je respire. A nouveau. Tout va bien. … Tout va bien, n’est-ce pas ?
Il est 6h17.
Je suis assis dans ma cuisine. Exceptionnellement droit sur ma chaise. Le regard vague mais direct. Comme d’habitude. Je cligne des yeux. Ils me faisaient mal. Merci à eux, j’ai failli oublier. Ce que c’est de souffrir ? Non. Juste de cligner des yeux. Rien de bien méchant. Fort utile pourtant. … Oh p**ain. Je l’ai trouvée. Là-bas, sur le mur, juste au-dessus du cadran. Depuis l’temps que je courrais après cette p**ain d’araignée. On s’est rencontrés alors que je tentais de m’endormir, il y a deux jours de cela. Elle a du trouver ça adorable de venir à mes côtés me passer le bonjour, sur mon oreiller. Elle est hideuse. Et elle est là. Elle me dégoûte. Et pourtant, je ne suis pas assez motivé pour aller l’écraser. Pas assez grand pour l’atteindre, aussi. Mais je ne l’avouerai pas, ça. Parce que je ne l’ai jamais fait de par le passé. Et même si ce jour est particulier, je ne m’abaisserai pas à ça. Ah. Elle se met en bran**. Bon Dieu, qui peut aimer une bête pareille ? Vulgaire, velue, se mouvant affreusement comme une vieille veuve psalmodiant la mort de son mari et maudissant tout ce qui s’anime autour d’elle. Tout le monde qui pour elle n’a plus aucun sens. Mh. Ne nous apitoyons pas sur son sort. Ce serait trop indulgent de ma part. Si je lui laisse la vie sauve, c’est uniquement par flemme. Pas par pitié. Tout sauf de la pitié. Entendez le bien. Je n’ai pas de pitié. En tout cas, pas pour une bête aussi répugnante que cette araignée. Crève, salo**.
Je soupire encore une fois. Et je me lève. C’est difficile. Et j’ai pourtant l’air si naturel. Intérieurement, je me félicite. J’ai récupéré mes jambes. Elles ne m’avaient pas abandonné. Et même ma traîtresse de fesse. Tout va bien, alors. Machinalement, je me gratte la joue et m’avance vers le frigo. Il est 6h22, c’est normal d’avoir faim, non ? Pourtant, je ne ressens rien de tel. C’est juste mécanique. Un leitmotiv dans lequel j’aime être entraîné, dans lequel je me sens si bien. Sincèrement, c’est ça le bonheur ? Non. Ne rien exagérer. J’ouvre le frigo qui cesse instantanément de vrombir, sort un verre d’une autre main et me verse du jus d’orange. Le bonheur, ce n’est pas ça. Je ne profite ici que d’une petite bouffée. Parce que je suis… Pas joyeux, non. Ni heureux, êtes vous dingues ? Non. Serein. C’est tout. Et en même temps bien assez. Cette petite portion de ce qu’on appelle couramment et peut-être excessivement bonheur. Je referme la porte du frigo et le laisse ronronner à nouveau à sa guise, librement. Dans ma main, le verre est glacé. C’est agréable. Je savoure un peu et le porte à mes lèvres, tout en me dirigeant vers la seule fenêtre de la cuisine. Seule, mais suffisante. La pièce baigne dans sa lumière bleutée d’une fraîche aube. J’ouvre la fenêtre et inspire. Le tout lentement. Je profite. Dehors, ça sent la ville, mais une ville endormie, encore engourdie par le matin. J’inspire, disais-je. Il va faire beau aujourd’hui. Je peux le voir aux quelques rayons qui se réveillent sur les façades d’immeubles voisins. Je reporte le verre à mes lèvres. Je n’ai même pas envie de fumer. J’ai l’impression de respirer enfin. Le jus d’orange est glacé, alors je le bois doucement. Laisser une lamentable migraine me priver de ma plénitude… N’importe quoi… Plus rien ne viendra me troubler.
Il est 6h33. Mais je n’en sais rien.
Mon jean, encore sali d’une boue sèche s’agite avec délicatesse. Je quitte la lumière qui se répand doucement sur les façades pour laisser tomber mes yeux vers le nouvel arrivant qui se frotte avec amour contre ma jambe. Lui aussi me regarde. Et s’il n’avait pas été chat, j’aurais juré qu’il m’a souri. Intérieurement, je lui rends. Extérieurement aussi d’ailleurs, bien qu’inconsciemment. De plus belle, il se frotte à nouveau contre ma jambe. Il a dû comprendre. Peut-être. Il ronronne. Il est mignon. C’est un chaton dans la beauté de son âge. Pelage blanc, quelques discrètes rayures couleur sable sur la croupe, la queue et les pattes. Des yeux bleus, très grands, très clairs. Trouvé dans la rue. On s’est trouvé dans la rue. Je ne regrette pas, il me plait, et je pense lui plaire aussi. Drôle de sensation, sachant que je n’ai jamais été un homme à chat. J’aimerais bien le prévenir, lui dire que c’est contre de la boue qu’il est en train d’exprimer son amour, ravi, qu’il va abîmer son beau pelage. Mais parler maintenant serait stupide. Inutile. Et puis, c’est un chat. Il m’entend mais ne m’écoute pas.
Il est 6h37. Je ne le sais toujours pas. L’horloge ne m’intéresse plus, désormais.
Je me retourne et contemple ma cuisine, dos à la fenêtre. Au fond de la salle, il y a la porte qui donne accès à ma chambre, encore entrouverte. On y entraperçoit mon lit, passablement pour ne pas dire magistralement défait. Je n’ai pas réussi à m’endormir, cette nuit. Et ça se voit. Le chat est parti entamer sa gamelle que j’avais remplie, plus tôt. Je laisse mes yeux un instant sur lui et les repose sur ma cuisine blanche. Un rayon de soleil s’y est glissé. C’est agréable. Je reporte mon verre glacial à mes lèvres et mes yeux continuent de parcourir l’appartement jusqu’à s’arrêter sur la table basse du salon vers laquelle, presque instantanément bien que toujours dans la même lenteur de gestes, je m’avance. Tout en reprenant une gorgée de mon verre, je m’affale doucement sur le canapé blanc et m’installe face à l’écran. Non pas celui de la télévision, mais celui de mon ordinateur blanc, irradiant dans cette lumière fraîche du matin. Je me presse de finir ma gorgée de jus d’orange et pose mon verre sur la table, sans lâcher des yeux mon écran qui s’allume. Quelques gestes simples, quelques clics, quelques lettres sur le clavier. Je me gratte doucement la joue pendant un temps d’arrêt et ouvre ma boîte mail. Je tape quelques mots, les premiers qui viennent à l’esprit et vont jusqu’à me glisser sous les doigts. Et je clique sur envoyer. Je vais sur quelques sites, de ces sites qu’on visite quotidiennement (Twitter, VDM, Redtube…). Je referme l’ordinateur d’une main lasse et me relève, reprenant au passage mon verre qui stagnait lamentablement sur la table. Et puis mes yeux se posent sur quelque chose. Quelque chose qui, étrangement est dérangeant, dans l’atmosphère de la cuisine, maintenant baignant dans la lumière. Comme si ce quelque chose n’avait pas sa place ici. Pourtant, c’est moi qui l’y est mis, et les couleurs s’assortissent plutôt bien. C’est froid, lourd, métallique. Couleur d’acier. Assorti à mon réfrigérateur. Je m’avance. Je suis loin d’être surpris. Je ne suis qu’indifférence, qu’une allégorie parfaite. Aussi bavard que ce revolver sous mes yeux, probablement aussi amical. Je pose mon verre à demi vide dans un tintement crissant de verre contre verre sur la table teintée de noir. Toute mon attention est braquée sur le revolver. D’une main, je laisse la crosse râper le bout de mes doigts. Etrange contact. Presque agréable. Je le prends à pleine main. Il frotte légèrement la table et finit par se décoller pour docilement s’incruster en mon poing. C’est exactement comme je l’avais imaginé : Froid. Lourd. Métallique. Impeccable. Mon autre main est sagement posée sur la table, elle aussi froide, cependant moins imposante. L’autre force un peu pour soulever l’arme. Je soupire. A nouveau. Mais cette fois-ci, c’est bien plus dur que précédemment. Mon torse se soulève et se contracte. Oui. J’ai réveillé mon cœur. J’ai réveillé mes émotions. Je me suis réveillé. Au creux de ma poitrine s’animent des milliers de sentiments qui me coupent le souffle, qui me forcent à pincer du nez, m’obligent à ne pas agir, à me retenir. Je sens monter en moi l’émotion. Un crescendo qu’on ne peut arrêter. Je n’ai pas besoin de vérifier, je sais que déjà les larmes commencent à me brûler les yeux, plus qu’ils ne l’étaient déjà. Mes lèvres se tordent en désespoir et mes dents se serrent sous l’effort. Ma gorge se soulève en un hoquet convulsif ressemblant plus à un haut-le-cœur. Et mon corps à beau se démener, ma main monte encore un peu jusqu’à ce que je sente le canon glacial contre ma tempe. Je renifle, en vain : mon nez s’apprête à couler, et une larme dévaste mon visage. Mais mes yeux fixent, droit devant eux. L’araignée est toujours là. Reine, elle doit me fixer, elle aussi. Et cette idée me fait sourire. Même jusqu’à déclencher un bref rire nerveux, de ceux qui explosent pendant un enterrement, impossible à retenir, ou comme celui qu’aurait une femme, en larmes, surprise par une parole drôle et réconfortante de quelqu’un d’autre. Sauf que moi, je suis seul et je ris seul. Pendant une seconde à peine. Je ferme un œil. Le droit. Celui au plus près du revolver. Cruellement. Je force. Je crois que j’ai peur. Et je tire. Une fois. Mon cœur s’arrête, ma cage thoracique se crispe. Je tends de suite le revolver à bout de bras, face à moi. Et je tire. Cette fois-ci, la balle part et le chat n’est plus. Lourd. Métallique. L’âpre goût du sang entre les lèvres. Je voulais juste me sentir vivant.
- J’ai gagné.INTÉRIEUR, AUBE - 34 ANS. Le jour se lève. Doucement. Il doit être près de 5 heures du matin. Quoique, je ne suis plus sûr de rien, maintenant. Les bras en croix dans mon lit, je ne peux même pas écarter mon bras des premiers rayons qui viennent doucement le toucher. Le caresser. Le lécher. Tels des flammes. Tels des femmes. Je peux à peine mimer un rictus dégoûté. Mon corps est probablement mort. Seuls me restent les doux gémissements de ma laborieuse respiration et les battements drogués de mon cœur, qui se bat pour rester en vie.
Ce murmure. Il est revenu. Alors que je suis prisonnier de mes draps, Il est venu me hanter, flotter entre les murs de ma maigre chambre, là où nos deux mondes s’affrontent et se confondent. Parce que Tu es là, pas vrai ? Blottit dans Ta surpuissante invisibilité, caché par ma tare, blottit dans Ton plus vicieux secret. Tu t’abreuves de mes souvenirs comme de ma peur, déjà, moi, terré au fond de mon lit, immobilisé par ces drogues. Elles sont de Toi, aussi ? C’est de Ta faute ? De quoi as-Tu peur pour m’agoniser ainsi ? Mes yeux sont vides, à présent, aussi vides qu’ils étaient sans foi, Tu peux t’approcher sans crainte, je suis trop aveugle pour ne serait-ce que T’entrapercevoir. Je ne vois qu’un ciel sans étoile, sans lune, sans lumière et sans Toi. N’aies pas peur. Savoure plutôt la mienne. Parce que j’ai p**ain de peur, là, tel que Toi, Tu peux me voir. J’aurais aimé hurler, m’enfuir, que mes coups t’atteignes, que mes mains te pourrissent autant que Tu m’as pourri. Qu’elles te détruisent autant que tu m’as détruit. Je suis fier mais impuissant. Beau mais décharné. Et de mes yeux évidés, aux cernes violacées de fatigue, brillantes de douleur et lèvres gercées et déchirées, je te maudis silencieusement. Je ne peux rien faire d’autre. Mais en mon sein, je brûle, j’hurle, je pleure d’anarchie, je pleure l’homme, je pleure le monde, je te pleure Toi et ta grandeur, je me pleure moi et ma fin. En mon sein, je tente désespérément de vivre pour mon corps qui semble déjà se décomposer et moisir au milieu de ces draps blancs. Tel Ophélie, je m’en irai, en coalition parfaite avec la mer blanchâtre, le visage tourné vers mon ciel de néant et d’impalpable.
Non. Ne m’emmène pas. Pas maintenant. Je t’en supplie, je t’en conjure, laisse moi du temps, laisse moi me repentir. Laisse moi me rouler à terre, me traîner jusqu’à tes pieds, m’accrocher à tes genoux et hurler pour ton pardon, t’écorcher, t’implorer de cris déplorés. Oh pitié, laisse moi encore le temps de croire en toi, laisse moi le temps de refaire ma vie, laisse moi le temps de supprimer le moindre de mes regrets, je serai bon, je serai beau, je te serai dévoué, alors pitié, aie pitié… Ne me prends pas tout, pas tout de suite, ne m’enlève pas ce qu’il me reste, laisse moi assez de temps pour vivre. A bas mes mensonges, à bas mes promesses, je ne vivrai que pour toi, j’ai juste besoin de temps… Je ne veux pas. J’ai peur. J’ai p**ain de peur. De tes murmures, de tes souffles, de mes yeux aveugles, de Toi. Puissance. Grandeur. Majesté. Ne m’emmène pas tout de suite. Ne m’emmène pas encore. Arrête de murmurer, je t’en supplie de mon immobilité. Je t’en prie de mon silence. Sauve moi.
Il frappa quatre fois.FLASH : EXTÉRIEUR, FIN D’APRÈS-MIDI - 32 ANS. Arrêtez de me regarder comme ça, bordel. Ce petit air choqué que vous prenez, comme pour vous rassurer et vous dire, au fond de vous-même « Grand Dieu, je suis normal ! ». Nan mais regarde toi, avec ta bedonne, ton double menton, son cul et la môme que vous avez osé mettre au monde, tous avec des yeux figés sur ma personne qui essaye tant bien que même de s’activer malgré cette insistance que vous avez envers moi. Moi, moi, moi. Je prends tout de même la peine de vous jeter quelques coups d’œil, histoire de vérifier que je suis toujours au centre de votre attention. Que je suis toujours aussi anormal que vous le pensez. De toute façon, vous n’êtes pas les seuls. Mais contrairement à ces gens qui, autour de moi, dans la queue du supermarché me fixaient sous les « bip » incessants et les questions naïves d’enfant, vous, vous ne prenez même pas soin de me le cacher, ce regard. Allez-y, collez-moi une étiquette. J’ai tant l’habitude. Tout ça pour quelques boîtes d’haricots verts en conserves. Je finis d’empiler une énième boîte dans le coffre de mon 4x4. Voilà. Le compte y est. 50 boîtes. D’un coup de pied, je dégage le caddie maintenant vide de l’arrière de ma voiture et m’apprêtais à fermer le coffre quand mes yeux se posèrent sur mon achat précédent. D’une main, je l’ai attrapé et sorti du coffre, m’habituant en un rien de temps à son poids conséquent. C’est donc avec ma nouvelle hache au poing que j’ai fermé le coffre, jetant un coup d’œil sur la famille qui avait commencé à s’agiter pour finir d’empaqueter leurs affaires dans leur propre voiture. Ca y est. Enfin. Mon étiquette est claire à leurs yeux : « Dégénéré. » J’en profite pour lâcher un sourire, digne d’un acteur, vous savez ? Le « bright style » avec un petit air décalé, une sincère fierté. Je force un rire de gorge, genre machiavélique, et finit par me faire rire moi-même, le rendant plus crédible encore. Ca y est. Enfin. Ils sont effrayés et se vautrent presque dans leur voiture, l’air de rien. Fier de moi, encore habité de ce sourire tourné à la satisfaction, je monte à mon tour au volant, posant ma nouvelle hache sur le siège passager et met la radio. « Ian Dury and the Blockheads ! Ah ! It's nice to be a lunatic ~ » Moi, en tout cas, je suis maintenant prêt en cas d’Apocalypse.INTÉRIEUR, AUBE - 34 ANS. Il doit être 6 heures et quelques. Je crois que je suis en train de devenir fou. J’ai enfilé un pantalon noir, une chemise blanche et mes converses préférées. Beiges. Je ne m’en souviens même pas. Je n’ai même pas pris le temps de les lacer. Je me suis traîné et affalé dans un fauteuil présidant la chambre, cramponné à ses bras, affalé contre son dossier. Je ne m’en souviens même plus. Il existait donc vraiment. Au diable. Mon corps n’a pas le droit de me lâcher, mon cœur n’a pas le droit de s’arrêter. Je n’ai pas le droit de mourir tant que je ne l’ai pas décidé. C’est ce que ma pensée m’hurle depuis un temps que je ne calcule plus. Je suis maître de moi-même comme de l’univers. Personne ne m'aura vivant. A quoi sert-il d’être supérieur à l’Homme si plus supérieur encore existe-t-il ? Pourquoi s’acharner tout un temps de vie à s’inscrire soi-même dans l’Histoire de l’Humanité si quelqu’un d’autre vient nous ôter les dernières années, heures, secondes de sa propre existence ? Mon existence. La mienne. Celle que j’aurais vécue, à corps et âme, à feux et à sangs, dans mon Silence. Je décide de mon heure, et personne, surtout pas Lui ne viendra m’enlever ce qui m’appartient. Et mon heure est venue. Vertiges et migraines vont prendre fin. Vertiges et migraines ne m’arrêteront pas. Mon corps n’est plus qu’un cadavre bleui de fatigue et de souffrance, oublié au fond d’une cave en flammes. Il ne me reste plus qu’à m’abattre. Je ne laisserai pas mon corps, ni Toi me devancer. C’est à mon tour, maintenant. Je lève mon bras douloureux mais encore vivant. C’est fini. C’en est ainsi. Je lève ma main râpée par la crosse rugueuse et abat celle-ci sur le bras de bois du fauteuil. Une fois. Deux fois. Trois fois. Une dernière fois. J’élève le canon jusqu’à ma tempe. Le contact est plus froid que je ne l’avais imaginé.
J’ai frappé quatre fois.
Et je tire.
Here lies the thoughts of the dying Silent Lord.
From : David Smith (******@aol.com) Sent : Sun 02/11 06:42 To : Scott’
« He will knock four times.
How come doggy-style is so humiliating ?
Ate mistletoe. Got sick. T’was brilliant.
Don’t look back, don’t turn away and don’t blink.
I am the Rage, and the Bile, and the Ferocity. I am the Prince, and the Fool, and the Agony. I am the Sin, and the Fear, and the Darkness. I shall never die. The Thought of me is forever : in the bleeding hearts of men, in their vanity, obsession and lust. Nothing shall ever destroy me. Nothing. »Famille : Bouarf. J’en ai eu une, comme tout l’monde. Même Jésus en avait une, bien que sa naissance soit pour le moins un peu… étrange. Une mère française (d’où mon français presque irréprochable) et un père scottish… Blimey, comme on dit en français déjà ? Ecossais ? Probablement. Enfin, déménagement à Londres à mes 6 ans, d’où mon accent british pur (bizarrement, l’accent écossais était très mal reçu), puis à Nice avec ma mère qui voulait retrouver ses sources, après leur divorce. Fils unique. Du moins j’en sais pas plus. Si j’en crois ma mère, mon père ne devait pas être très fidèle. Après j’ai vécu ma vie sans eux. Rien de notable en soi.Pas de femme, pas d'enfant, pas de famille proche que je connaisse. Loisirs: Dormir, manger, baiser, lire parfois. Niveau scolaire: … Amplement suffisant. Master à Sciences Po Paris, CRPE, 4 ans de pratique en tant que professeur d'anglais à Londres (Oxford, Royal College of Art) et 4 ans à Nice (ERSAC, l'Ecole de Journalisme (06300)).Avatar pris: David Tennant.Mot à trouver dans le règlement: Ok. Vu par AmbreOù avez-vous connu le forum ? Sur Internet. (Le pire, c’est que j’me fais rire.) Par l'annuaire des forums. Exemple de RP : « To die, to sleep; — To sleep, perchance to dream: — ay, there's the rub; For in that sleep of death what dreams may come, When we have shuffled off this mortal coil, Must give us pause: »
Il s’acharne. Il butte. Sa voix tremble et ses yeux suivent. Son souffle est court. Il tente, il ne veut pas abandonner, il ne PEUT PAS abandonner, et pourtant il sait qu’il faute, qu’il trébuche, et ne peut s’en empêcher. C’est terrible. C’est affreux. Le pire, c’est qu’il en est conscient mais que rien ne peut l’arrêter à part moi, moi, force suprême, droit de oui ou de non. Je marche silencieusement, les yeux baissés. Personne ne me voit, moi et mes yeux plus âgés que mon corps, personne ne me remarque parce que c’est comme ça que je vis. Tapis dans l’ombre. A l’affut. Invisible. Et pourtant, inconsciemment, vous êtes tous à mes bottes, les doigts griffant mon pantalon souillé de boue, les larmes corrodant mes chevilles, vos bouches folles et incontrôlables s’érodant de prières, s’évidant de supplications, vous qui avez perdu votre intérêt, vos vies, votre âme. Je suis celui qui vous sauve et vous libère de votre condition humaine faible. Si faible. Je suis là. Près à vous aider. Nous sommes les Silencieux de l’Histoire. Nos noms seront à jamais tus et cependant resteront gravés sur des stalles éternelles muettes à l’homme. L’humanité n’aura guère souvenir de nous, et pourtant nous sommes partout. Nous, les bons professeurs, les vrais, ceux qui écrasent leur culture dans le crâne d’ignorants jusqu’à ce qu’ils comprennent, apprennent, réfrènent même lorsque leur culture dépasse la moyenne.
- But that the dread of something after death, — The undiscover'd country, from whose bourn No traveller returns, — puzzles the will, And makes us rather bear those ills we have Than fly to others that we know naught of? Thus conscience does make cowards of us all; And thus the native hue of resolution Is sicklied o'er with the pale cast of thought; And enterprises of great pith and moment, With this regard, their currents turn awry, And lose the name of action.
Ma voix s’était élevée en même temps que la sienne avec plus d’assurance, plus de force, plus d’intelligence et de talent que sa pauvre voix encore en train de muer, d’un coin au fond de la salle où je m’étais adossé en attendant que sa tirade me devienne assez insupportable pour prendre la relève. A peine un vers plus tard, il s’était tu pour me laisser l’achever seul alors que toute la classe s’était retournée vers moi pour m’écouter dans un silence sincèrement respectueux. Pourquoi ? Parce que je dois être un des seuls professeurs de cet établissement de campagne, environnant Nice, qui ait le pouvoir de me faire entendre. D’où ma future promotion dans ce Centre. Je suis bon, il faut croire. Lorsque le monologue prit fin, il y eut une légère tension due au silence de mes élèves. Aucun professeur ne pourra se vanter d’une classe aussi calme que la mienne. Je m’avance pour retourner à mon bureau, passant aux côtés du lecteur confus et honteux de sa pitoyable performance. Son état déjà écrasé lui a évité un de mes commentaires sur son terrible accent du sud dont il faudrait vraiment qu’il se détache… Mais je n’aime pas m’acharner sur eux. Ils sont mignons. Et puis c’est à peine si je déguise mon accent british. … Qui lui-même cache à merveille mon accent scottish. … Ne nous attardons pas. Et j’ai toujours cette chanson dans la tête…
- Ophélie ? Qui est-ce qui joue Ophélie déjà ? Ah oui. Vas y, c’est à toi.
Dernière édition par David Smith le Lun 20 Sep - 7:55, édité 2 fois |
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